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Exposition « Une peur bleue »

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Benoît Séverac présente ce projet littéraire et artistique

« Je suis ce que fait Françoise Michaud depuis longtemps. Son travail me touche et m’intéresse parce que j’y vois un mariage harmonieux et tourmenté à la fois entre calligraphie, peinture et collage ; entre cadre et mouvement, stabilité et chaos, application et folie. Chez cette artiste, les dérapages sont toujours contrôlés, mais ils remuent.

Ma nouvelle est le résultat d’une commande. Françoise Michaud m’a demandé de lui « écrire quelque chose sur le bleu, la couleur bleu », afin qu’elle puisse travailler à partir de textes différents de ceux qu’elle a l’habitude de calligraphier. Il est toujours excitant pour un artiste d’en rencontrer un autre, de se laisser déstabiliser… Nous n’avions aucun projet d’exposition à ce stade. Je n’envisageais même pas le format « nouvelle ».

En bon Toulousain, j’ai immédiatement pensé au pastel. Puis j’ai voulu travailler sur le mot lui-même, les connotations qu’il véhicule, les usages qui en sont faits dans la langue française etc. Or, les expressions faisant référence à la couleur bleu ne manquent pas, et  parmi elles « une peur bleue », sur laquelle je me suis arrêté. J’ai beau faire, je ne peux pas lutter contre mon inclination naturelle à écrire du noir… Quoi que je fasse, je bascule du
côté obscur du miroir, dans le bleu foncé en l’occurrence. Je crois que le texte a tout d’abord dérouté Françoise Michaud. Et puis elle a fait comme moi : elle s’est emparée de ce que je lui proposais et l’a transformé en douze tableaux qui lui ressemblent. »

Qui êtes vous Françoise Michaud ?

« J’ai commencé à pratiquer la calligraphie latine contemporaine il y a 10 ans avec Florence Robert. Depuis, j’ai approfondi ma technique en suivant les cours de deux calligraphes toulousaines,  Anne Sacramento et Christel Llop et en participant à des stages de calligraphie arabe d’Abdellatif El Yagoubi.

Je travaille principalement sur du papier avec de l’encre mais aussi de la gouache, de l’aquarelle, des pigments et des collages. J’utilise le plus souvent la plume mais également le pinceau, le cola pen, le tire ligne…

Je travaille en partant d’un mot, d’une phrase, d’un extrait de poème ou de texte qui m’évoque une ambiance, un alphabet et une couleur et la composition se construit petit à petit.

J’aime explorer les signes et les outils, effleurer ou « brutaliser » le papier, jouer avec les encres et les blancs et surtout être obligée de prendre le temps »

michaud

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